lundi 10 avril 2017

De l’utilité du blog

Depuis plus de dix ans Dominique Brunetti, auteur du blog Penestinlittoral, éclaire une face cachée des réalisations comme des orientations prises par la municipalité sous l’égide de M.
Baudrais, élu réélu sur quatre mandats successifs. En tournant les pages et les années du blog, on sait que ce dernier affiche une énergie remarquable pour son obstination à gouverner sans partage, que ses déclarations changent comme le temps et que l’intérêt pour le bien commun n’est pas une priorité. On comprend pourquoi et comment les idées d’un seul homme ne sont jamais aussi bonnes que celles de plusieurs. On imagine que le moteur d’un pouvoir, si faible soit-il, a encore du potentiel pour les dernières années à venir : poursuivre des études de projets sans réel fondement, terminer les « grands » travaux engagés sans aucune remise en question et boucler le territoire par des engagements irréversibles. Une piètre façon d’approcher la postérité. Mais l’histoire locale oubliera l’humain pour revenir aux événements qui bousculent les frontières de la terre et de la mer. Les inondations et les submersions marines prévisibles qui réduisent le territoire de la commune à une portion congrue nous interrogent sur l’organisation future du territoire. Les décisions d’aujourd’hui ont donc un réel impact sur la vie des Penestinois de demain.

Dès les premières années du blog la question de la protection agricole sur le plateau du Lomer est posée. Les zones pour des habitations légères de loisirs dans les espaces naturels sont déjà un sujet controversé et désignées comme ne respectant pas la loi littoral, tout comme la contribution des campeurs caravaniers à plusieurs élections municipales. Les décisions d’aménagements financés par des fonds publics (trois millions d’euros) se prennent au mépris des lois. Plusieurs condamnations n’ont pas arrêté la réalisation de projets passés en force qui auraient pu être accompagnés d’une citation guerrière telle que : « j’y suis, j’y reste ».
Le blog de M. Brunetti, une opposition permanente en marge du conseil municipal, dénonce les dérives d’une gestion fondée sur le clientélisme. La naissance de l’association « Autre regard » est saluée avec l’espoir de rompre une solitude, assumée mais toujours plus difficile  au fil des ans. De temps en temps le blog élargit ses propos sur des causes nationales avec« France nature environnement », fournit au lecteur des informations sur le futur projet de l’aéroport « notre dame des landes » ou invite la population à se rendre aux réunions publiques organisées par les associations locales pour revenir régulièrement sur les menaces qui pèsent sur le bien commun de Penestin.

M. Brunetti affiche clairement son attachement au respect de l’environnement et n’hésite pas pour cela à relayer auprès de la population le combat de l’association « Mès et vilaine ». Il peut ainsi rappeler à ses lecteurs comment le maire de Penestin, M.Baudrais, sur un bulletin municipal, vilipenda avec mépris et arrogance le journal de cette même association. Dix ans plus tard, M. Baudrais poursuivra cette joute contre l’association « Autre regard ». Il est important de préciser aujourd’hui que monsieur le maire n’a jamais eu gain de cause bien qu’il ait toujours de bonnes raisons pour croire qu’il n’a jamais tort. Penser que la justice est
injuste est une tentation pourtant bien dangereuse. Elle fragilise un état de droit et mine la démocratie. Toutes ces erreurs ont impacté financièrement la commune mais ont surtout eu des conséquences négatives sur son développement durable. Heureusement pour monsieur le maire, et comme M. Brunetti l’écrit souvent, ce n’est pas lui qui paye. Une procédure, même sur quinze ans et qui oblige la commune à verser 300 000 euros à un promoteur, ce n’est pas le problème.

Parmi la population qui découvre ce blog, certains y adhèrent d’autres le fustigent. Les premiers sont soulagés que quelqu’un puisse enfin dire ce que beaucoup pensent, les seconds sont scandalisés par les propos de cet « électron libre » qui pioche une réalité des faits dans la vie politique municipale. Le blog propose à ses lecteurs des informations contraires aux discours lénifiants de M. Baudrais. Chacun peut ainsi se faire sa propre opinion et vérifier la crédibilité des articles et des discours. Il est à noter toutefois que les critiques émises par M. Brunetti, surtout celles concernant le non respect de la loi littoral, ne sont jamais remises en question ni discutées. La justice est d’ailleurs toujours présente pour confirmer ses dires. Les Penestinois disposent donc, avec ce blog, d’une page « expression libre » qu’ils n’auront jamais dans le bulletin municipal.

Le blog de M. Brunetti, l’association « Mès et Vilaine » et plus tard l’association « Autre regard » ont souvent été accusés de vouloir miner une gestion municipale sensée faire de son mieux, d’être critique envers toute réalisation, d’empêcher le développement des affaires, de freiner un progrès attendu, d’agir par idéologie. « Mès et vilaine » en particulier fût accusée« de manipulations procédurières ou d’être une association extrémiste responsable du
malheur de quelques individus.

Qu'en  est-il réellement ? En vingt ans et malgré la loi littoral, l’urbanisation n’a cessé de croître mais on attend toujours le progrès attendu de cette banlieue sans ville toujours en
extension. Toutes les infractions à la loi littoral, calculées, combinées, réalisées, ont été condamnées. Les propositions d’aménagements en dehors du sérail local, ont toujours été rejetées. L’autocratie du maire est confortée par des électeurs dupés. Pendant ses mandats successifs, il est parvenu sans équité à rendre légitime auprès de la population ce qui est illégal. Le blog rappelle souvent aux lecteurs ces états de faits. Lorsque la réalité rattrape cette
fiction politique les projets individuels s’effondrent. Le vrai responsable de cet état des choses plaide toujours non coupable en montrant du doigt les « empêcheurs de tourner en rond ». La
grande majorité des habitants, sensibles à leur environnement, exprime le plus souvent des considérations collectives ou d’intérêt général. Ils comprennent que « leur » environnement,
sans être forcément un sanctuaire, est le gage d’une qualité de vie et d’une richesse future. Les intérêts particuliers ou de groupements qui préfèrent ignorer les avertissements ou les combats associatifs pour la protection d’un bien commun, relayés par le blog de M. Brunetti, sont les premiers et les seuls à poser la pierre de l’extrémisme. Le combat des associations est une réponse pacifique aux décisions prises illégalement ou unilatéralement. Les adversaires du blog et de l’association « Mès et vilaine » ne peuvent en dire autant. Intimidations, manifestations, agressions, menaces de mort envers ces engagés d’une cause plutôt honorable,
se sont succédées sans que le premier magistrat de la commune ne s’en offusque. L’extrême est ce qui détruit une richesse pas ce qui la protège.


L’engagement de M. Brunetti est étroitement lié à son indépendance. L’écriture est aujourd’hui plus libre, moins serrée sur les contenus. Les moqueries, pamphlets et caricatures accompagnent un discours plus virulent. C’est à la fois une évolution et un choix qui appartiennent à M. Brunetti. On peut apprécier ou douter de son efficacité mais cela reste une liberté que nous avons le devoir de respecter.

Le blog dans sa nouvelle forme dévoile l’imposture des discours sur le développement durable en totale contradiction avec la réalité du terrain mais dénonce aussi les complaisances d’une opposition qui n’a que le nom. Il continue à informer ses lecteurs sur le travail des associations de défense de l’environnement qui se battent chaque jour dans les administrations, devant les tribunaux, qui se mobilisent contre les pollutions, contre le bétonnage du littoral, contre la prolifération des plastiques dans les océans, qui luttent avec des moyens limités mais avec des coûts de procédures élevés. On sait que M. Brunetti a été accusé de diffamation (qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne)
pour des écrits lors des dernières élections municipales par M. Pradel, avocat et aujourd’hui conseiller municipal de Penestin. Mais on sait aussi que M. Pradel a réalisé des travaux
d’enrochement sur domaine public maritime sans autorisation préfectorale et qu’il fût bien sûr condamné pour cela. On sait également que les travaux de réhabilitation du sentier côtier se sont interrompus à la limite de sa propriété…Les explications sont certainement nombreuses mais les faits sont bien réels. Entre monsieur Pradel, ombre du conseil municipal, et l’engagement solitaire de M. Brunetti pour le bien commun, on peut sans hésiter, choisir d’être solidaire avec ce dernier.

Ce que l’on peut faire.

 La réserve, dans ce cas précis, ce n’est pas de la prudence, c’est de l’effacement. Un groupe, associatif ou politique, n’existerait pas sans le partage des idées individuelles. Il n’y a jamais une seule ligne de pensée dans un collectif. De même, une commune n’a d’existence qu’avec toutes ses différences. Refuser l’anonymat c’est avoir une opinion et revendiquer la liberté de l’exprimer.    D. BOCCAROSSA

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