samedi 13 septembre 2014

LES ESTRANGLEURS


Ils agitent fébrilement une courte pelle,
Tout en arborant fièrement de sinistres "marcels".

Un grand panier en fer, un vaste seau,
Et sur le chef,  d'incroyables oripeaux.

Ils vont de ce pas vider la  mer,
En faire d'un coup un vrai désert..

Coques, huîtres, tourteaux, palourdes,
Rien n'échappe à leurs  mains  avides et gourdes.

Fouillant  inlassablement  flaques et rochers,
Emplissant goulûment brocs, sacs et paniers,

Ils rentrent enfin triomphalement au port,
Tout en ployant lourdement  sous  l'effort.

Ils ouvrent d'urgence le coffre  de leurs voitures
Et s'empressent d'y dresser l'autel de leurs bitures.

Avec leurs épouses toutes embottées,
Ils bâfrent alors jusqu'à la  rotée .

Dieu  que ces gens font  de fiers conquérants,
Quand leurs hordes serrées envahissent l'estran…


       PENESTIN
  Les grandes marées   

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