jeudi 25 avril 2013

on n'en peut PLU !


J'ai reçu récemment ce texte d'un lecteur, dont je connais l'identité, mais qui  m'a expressément demandé de ne pas la dévoiler, pour des raisons qui lui sont  à la fois personnelles et  dictées par un passé récent dans la Commune.  vertdo


Sur le sujet , lire aussi  la réaction d'une des associations 


ON N'EN PEUT P.L.U.!


Deux commissions d'enquête dument mises en garde tour à tour  par deux Associations locales sérieuses  vis-à-vis de la nature comme de l'étendue des risques d'annulation, deux commissions d'enquête qui n'en ont eu cure, deux commissions d'enquête qui n'ont pas pris le moindre recul critique  sur les projets qui leur étaient présentés, deux chambres d'enregistrement, dont incontestablement l'indépendance, la compétence, la clairvoyance  ne furent pas les vertus premières et qui n'ont quasiment  rien perçu de la menace contentieuse qui grondait. A dire vrai, il va être désormais extrêmement difficile d'expliquer aux Pénestinois à quoi peut donc bien servir une commission d'enquête.

Il faut quand même rappeler que la dernière commission s'est singulièrement illustrée dans cette voie, puisqu'elle a prétendu qu'elle ne se sentait pas le coeur d'éloigner du rivage des campeurs qui étaient habitués à sa proximité, alors que précisément la loi littoral n'admet qu'une extension limitée d'urbanisation à proximité du rivage. A partir de là sans être grand clerc et quels que soient les errements  du géomètre de la Commune qui prétendait éloigner la mer d'un coup de crayon hautement inspiré, il était évident que la zone de regroupement  du Lomer avec ses 96 parcelles tassées sur 6 hectares mais à grande proximité de la mer  (quelque  trois à cinq  cents mètres )  ne pouvait passer pour une extension limitée d'urbanisation, rapportée aux  quelque 60 maisons d'habitat diffus que totalise l'ensemble du lieudit. Notons d'ailleurs à ce propos  que le Lomer s'est trouvé brusquement promu au rang de village (sans aucun commerce, ni siège ou établissement d'aucun service qu'il soit public ou privé!) et même  d'agglomération (bientôt peut être même qui sait, une capitale!)  par un récent arrêt d'appel qui laisse tout son monde pantois. On n'insistera pas davantage sur l'incohérence qui consiste dans le même temps où la municipalité  cherche au Lomer à installer les campeurs-caravaniers  toujours au plus près du rivage,  à éloigner au contraire à l'intérieur des terres  la nouvelle zone d'activité des mytiliculteurs pour lesquels la proximité immédiate de l'eau répond à une nécessité professionnelle.

Toute cette affaire est d'ailleurs exemplaire à plus d'un titre de la dégradation du pays.  Un maire qui n'en est pas à son coup d'essai et qui  prend  régulièrement ses aises avec la loi littoral. Un préfet qui,  au lieu d'exercer ses pouvoirs de tutelle, l'encourage instamment et ne craint pas dans  un mémoire assassin  de jeter in extremis  tout  son poids dans la balance de la Justice sans trop s'interroger sur la séparation des pouvoirs et en oubliant que son prédécesseur avait - moins de vingt ans avant -  inscrit le Lomer entier dans les espaces proches du rivage. Une commission d'enquête qui  ne porte aucune véritable attention aux griefs documentés et argumentés  de la population résidentielle. Trente mois de procédure plus loin,  de coûteux  honoraires d'avocats en sus et nous voici avec  un second plu assez largement annulé. Au fil des affaires, au fil des années, Pénestin est en passe de devenir l'une des vitrines les plus riches et les plus vivantes  de l'art contentieux dans le bas Morbihan, en même temps qu'avant recours une sorte d'anti-conservatoire du littoral à soi tout seul. Mais toute raillerie mise à part,  il serait incontestablement intéressant de savoir quel est le véritable coût de cet immense  gâchis pour la Commune - et donc pour nous tous - qui aboutit à  deux annulations successives, même si pour l'instant la seconde n'est que partielle. 

Il ne faut pas oublier en effet la  hâte coupable de la mairie à pousser les feux pour engager et réaliser à marche forcée les travaux de remembrement, de  terrassement , de desserte, de viabilisation, d'aménagement et de clôture entrepris d'urgence non seulement au Lomer , mais aussi à Barges,  afin de mettre le juge devant le fait accompli . La Commune a réussi le tour de force de créer de toutes pièces et sur des dizaines d'hectares sauvagement arasés, des zones entièrement illégales pour regrouper massivement et  de toute urgence des campeurs qui se trouvaient eux-mêmes déjà depuis de longues années dans l'illégalité et ce au détriment  de propriétaires réguliers qu'on a injustement menacés ou frappés d'expropriation  à des prix dérisoires pour des terrains,  dont ils jouissaient sereinement  parfois depuis des générations et qui risquent de devenir sous peu d'inquiétants  "no man's lands" . Il est peut être temps aussi de se poser aussi  la question du rôle et de la responsabilité des géomètres et autres experts prestataires  de la Commune, qui apparemment - et en dépit de leur obligation de conseil - l'ont pourtant sans sourciller laissé  s'engager dans ces fiascos à répétition. Il reste qu'il apparait nettement aujourd'hui  que toutes ces dépenses (sans nul doute plusieurs millions d'euros)  ont été engagées à fonds perdus, enfin pas pour tout le monde  puisqu'une petite centaine de campeurs sentant le vent tourner se sont dépêchés d'investir Lomer  et Barges avant l'annulation pressentie, sachant bien  qu'aucune association de protection du patrimoine  n'a à Pénestin de finances assez solides, ni de moyens humains suffisants pour attaquer successivement tous les permis de construire délivrés prestement par la mairie.

Enfin,  un jour ou l'autre, il faudra bien poser la question au Maire de savoir où il  en est des avis qu'il s'était engagé à solliciter  suite à la délibération déjà ancienne  du Conseil Municipal du 25  juillet 2011. En effet , dés l'entrée en vigueur du nouveau PLU qui leur ouvrait la possibilité de construire, un certain nombre de campeurs-caravaniers promus nouveaux propriétaires s'étaient empressés de mettre en vente  au prix du marché (60 à 80 euros et plus   le m2 quand même, merci pour eux!) les parcelles  de 400 m2 minimum qu'ils venaient de recevoir en échange (et sans soulte!)  de leurs anciens  lots, estimés eux sans autre valeur que celle de la terre agricole (moins d'1 euro le m2). C'est ainsi  qu'une spéculation aussi ravageuse que fructueuse   s'était activement emparée de ces nouvelles parcelles, pourtant très majoritairement et très généreusement  financées sur les deniers des contribuables pénestinois et morbihannais.  En vertu du  mandat exprès du Conseil, le Maire devait en effet en concertation avec les services de l'Etat étudier les moyens de "réguler" cette spéculation. Plus de 20 mois après cette délibération et sauf erreur,  on ne sait toujours rien de cette "régulation" probablement demeurée fort discrète pour ne pas dire clandestine  et  à laquelle on aurait  très certainement préféré - comme cela avait d'ailleurs été expressément proposé - une "éradication" en bonne et due forme par une interdiction absolue de cession entre vifs durant les 10 ou 15 premières  années suivant l'installation du campeur.

On le voit, cette triste affaire ne soulève pas que des problèmes d'urbanisme et elle est probablement  loin d'être terminée.. . En effet  qu'il y ait ou non appel, elle pèsera  sans nul doute longtemps et lourdement sur les finances communales, tout comme dans la mémoire et sur le pouvoir d'achat  de tous les contribuables   pénestinois qui - sans profiter en aucune manière des largesses "campingneuses" de la Commune - ont fiscalement "sponsorisé" (qu'ils l'aient  voulu  ou non) cette dispendieuse  et vaine opération,  et chacun  probablement pour nettement plus d'un millier d'euros.



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